Église Saint-Jean-Baptiste

Les origines, une plongée dans les racines de Libourne
De récentes fouilles au niveau du parvis de l’église ont mis en évidence la probable occupation de ce site durant l’Antiquité. Les études post-fouilles des vestiges découverts devront permettre d’en préciser la chronologie mais rien n’interdit de penser qu’entre les IIIe et IVe siècles une chapelle primitive ait alors remplacé un lieu de culte païen. Cette hypothèse reste cependant à être démontrée. À l’image de l’ensemble de l’Empire Romain, la région de Libourne est christianisée à cette époque. Le port de Libourne et l’agglomération sont traversés de grandes invasions et par les temps obscurs du Haut Moyen-Âge. Le passage de Charlemagne en 769, puis la donation de la Sainte-Épine en 811, constituent les principaux repères historiques de cette période. N’ayant jamais quitté Libourne depuis lors, la Sainte-Épine est aujourd’hui exposée dans l’église Saint-Jean-Baptiste (Fig. 1).

Une église, une ville, une histoire
Les traces écrites les plus anciennes concernant l’église de Libourne remontent au XIIe siècle. Elles sont antérieures à la création de la bastide. En 1110, l’archevêque de Bordeaux Arnaud Gérault de Cabanac, place l’église de Libourne, localité alors appelée Fozera, sous la dépendance du monastère de Saint-Émilion alors en pleine ascension.
En 1134, il ordonne aussi la construction d’un clocher carré sur la façade de l’église Saint-Jean-de-Fozera. Cette décision, prise alors qu’à cette époque la plupart des églises ne sont dotées que de simples
clochers frontons, traduit le développement urbain de Fozera.
Elle affirme également l’église Saint-Jean-Baptiste en tant qu’église paroissiale, principal lieu de culte doté d’un clocher, de fonds baptismaux et entouré du cimetière.

Il ne reste quasiment aucun vestige de l’église du XIIe siècle. Au début du XIVe siècle
ce bâtiment primitif bénéficie de travaux d’agrandissement. Le choeur
de l’église gothique flamboyant est alors construit, la nef principale
prolongée de 23 mètres. Deux bas-cotés sont créés prenant
appui sur les murs de l’église romane. Deux arcades ogivales
permettent la communication entre la nef principale et les
bas-cotés. En outre, une première flèche est construite
sur le clocher.
En 1427, un tremblement de terre occasionne
d’importants dégâts, avec notamment
l’effondrement de la flèche du clocher qui ne
sera pas reconstruite. Une fois les dommages
sismiques réparés, l’église ne connaîtra pas d’autres
modifications importantes avant le XIXe siècle
(Fig. 4).
La période révolutionnaire causera cependant de
nouveaux dommages. En 1794, les sans-culottes
ferment l’église et la saccagent. Son mobilier et
l’ensemble de ses éléments décoratifs sont perdus. Une
démolition est même envisagée. Toutefois l’installation
d’un temple de la Raison dans ses murs sauve l’église de la
destruction.
En 1802, la signature du Concordat entre Napoléon, alors
Premier Consul, et le Pape Pie VII permet le retour du culte
catholique et la réouverture de l’église en 1803 après que son
mobilier et sa décoration furent reconstitués.

Les dommages du tremblement de terre de
1427 ainsi qu’un entretien insuffisant depuis
le XVIIIe siècle auront finalement raison du
clocher roman qui s’effondre en partie en 1837.
Sa démolition totale est alors décidée, ce qui
va entraîner un grand projet de rénovation de
l’église.
En 1839 commence la construction d’une
nouvelle façade néogothique qui prive l’église
de son clocher. Ce projet, extrêmement
contesté, fut abandonné en cours de travaux
(Fig. 5).
En 1842 un nouveau projet est retenu,
conçu par l’architecte Théodore Duphot.
Les nouveaux plans prévoient, à l’intérieur
du bâtiment, le remplacement des murs
romans qui séparent les nefs par des arcades
gothiques et, à l’extérieur, un clocher-porche
néogothique qui constitue l’élément principal
de la façade. Ce dernier est construit entre
1855 et 1859 (Fig. 6).
À l’intérieur du clocher, la construction du
beffroi (la charpente qui supporte les cloches)
a lieu en 1872. Elle est suivie la même année
de l’installation de six cloches qui parachève
les travaux externes de l’édifice tandis que
les aménagements intérieurs, mobiliers,
boiseries, vitraux, installation des chapelles,
se poursuivront jusqu’en 1910.
Cependant, le nouveau clocher s’avère fragile.
En 1892 une première campagne de travaux
est engagée, d’autres suivront. En 1911, un
beffroi métallique remplace le beffroi initial en
bois.
Plus récemment, des tempêtes en 1996
et 1999 endommagent le clocher. Une
surveillance régulière de l’ouvrage aboutit en
2015 au remplacement du beffroi de 1911, puis,
en 2020, à la dépose de la partie sommitale
de la flèche devenue trop fragile. Les travaux
aujourd’hui engagés visent à sa reconstruction
ainsi qu’à une restauration générale de l’église.